Pourquoi trahit-on ? Quand les bénéfices semblent dépasser les risques
- Eve Desmaison
- il y a 12 heures
- 4 min de lecture

Pourquoi trahit-on quelqu’un ?
Pourquoi mentir à son partenaire, cacher une information, révéler un secret ou agir dans le dos de quelqu’un dont on souhaite pourtant conserver la confiance ?
L’une des premières explications peut sembler assez simple : nous évaluons ce que nous avons à gagner… et ce que nous risquons de perdre.
Autrement dit, avant de trahir, il peut exister une forme de calcul entre les bénéfices espérés et les conséquences possibles.
Qu’est-ce que j’ai à gagner ?
Le bénéfice d’une trahison n’est pas nécessairement financier ou matériel.
Au travail, mentir ou dissimuler une information peut permettre d’obtenir une promotion, de prendre l’avantage sur un collègue ou de protéger sa place.
Dans un groupe d’amis, garder certaines informations pour soi ou changer de camp peut permettre de préserver son appartenance au groupe ou sa réputation.
Dans le couple, la logique peut encore être différente.
Une personne peut rechercher du désir, de l’excitation, de la reconnaissance, de l’attention, une sexualité qu’elle ne trouve plus dans sa relation ou simplement le sentiment d’être à nouveau séduisante et désirée.
Le « bénéfice » peut donc être extrêmement concret, mais aussi profondément émotionnel.
Qu’est-ce que cette transgression va m’apporter ?
Du plaisir ? De l’argent ? Une position sociale ? De la reconnaissance ? De l’attention ? De l’excitation ? Une sensation de liberté ? Le sentiment d’exister autrement ?
Et qu’est-ce que je risque de perdre ?
En face existe évidemment le coût potentiel.
Perdre son couple.
Perdre une amitié.
Être rejeté par un groupe.
Abîmer sa réputation.
Perdre son emploi ou une opportunité professionnelle.
Être confronté à la colère de l’autre.
Faire souffrir quelqu’un auquel on tient.
Ou devoir vivre ensuite avec sa propre culpabilité.
Et c’est ici que le calcul devient intéressant.
Car ce n’est pas nécessairement la gravité réelle des conséquences qui influence notre décision, mais la probabilité que nous leur attribuons.
On peut parfaitement savoir que tromper son partenaire pourrait détruire son couple tout en se disant :
« Il ne le saura jamais. »
Le coût potentiel est immense.
Mais si nous sommes convaincus que nous ne serons jamais découverts, ce coût nous paraît soudain beaucoup plus faible.
Nous ne faisons évidemment pas ce calcul avec une calculatrice
Il ne s’agit pas forcément d’une réflexion parfaitement consciente :
« J’ai 70 % de bénéfices et seulement 30 % de risques, donc je vais trahir. »
Notre cerveau ne fonctionne évidemment pas comme un tableau Excel.
Ce calcul peut être beaucoup plus rapide, beaucoup plus émotionnel et parfois presque automatique.
L’envie immédiate prend de la place.
Le bénéfice est là, maintenant.
La conséquence, elle, appartient à demain.
Et nous sommes particulièrement doués pour minimiser ce qui nous dérange lorsque quelque chose nous attire suffisamment.
« Ce n’est qu’une fois. »
« Ce n’est pas vraiment grave. »
« Personne ne le saura. »
« Ça ne changera rien entre nous. »
« Je maîtrise la situation. »
Nous pouvons ainsi diminuer mentalement le coût potentiel pour rendre le bénéfice plus acceptable.
Plus le risque semble faible, plus la tentation peut devenir grande
Imaginez deux situations.
Dans la première, vous savez avec certitude que votre partenaire apprendra demain ce que vous êtes sur le point de faire.
Dans la seconde, vous êtes convaincu qu’il n’existe quasiment aucune possibilité qu’il le découvre un jour.
Le comportement envisagé est exactement le même.
Pourtant, notre décision peut être complètement différente.
Cela montre quelque chose d’important : lorsque nous envisageons de franchir une limite, nous n’évaluons pas uniquement :
« Est-ce bien ou mal ? »
Nous pouvons aussi évaluer :
« Est-ce que je peux me le permettre ? »
Et parfois même :
« Est-ce que je peux le faire sans perdre ce que je veux conserver ? »
C’est là tout le paradoxe de certaines trahisons.
La personne ne souhaite pas forcément perdre la relation.
Elle peut même y être profondément attachée.
Elle souhaite simplement obtenir le bénéfice de la transgression sans en payer le prix.
Mais ce calcul suffit-il vraiment à expliquer pourquoi nous trahissons ?
Probablement pas.
Parce que derrière deux actes qui se ressemblent peuvent se cacher des réalités totalement différentes.
Certaines trahisons sont effectivement opportunistes : une occasion se présente, le bénéfice paraît important, le risque semble faible et la personne franchit la limite.
Mais d’autres naissent d’un malentendu, d’attentes qui n’avaient jamais été clairement exprimées, de peur, de lâcheté, d’un besoin de se protéger ou encore d’un conflit de loyauté.
La trahison est donc beaucoup plus complexe qu’une simple balance entre ce que nous pouvons gagner et ce que nous risquons de perdre.
Mais cette balance existe.
Et elle permet peut-être de comprendre certaines situations qui nous laissent, lorsque nous les découvrons, avec cette question :
« Mais qu’est-ce qui lui a pris ? »
Parfois, une partie de la réponse est simplement celle-ci :
À cet instant précis, ce qu’il ou elle pensait avoir à gagner lui a semblé plus important que ce qu’il ou elle pensait risquer de perdre.
Et cela ne signifie évidemment pas que nous devons l’accepter.
Comprendre n’est pas excuser.
Et vous, qu’est-ce que cette trahison vient toucher ?
Lorsqu’une trahison continue de tourner dans votre tête — Pourquoi ? Comment a-t-il pu ? Comment a-t-elle pu ? Qu’est-ce qui lui a pris ? — il peut être difficile de sortir de cette boucle.
Et si, plutôt que de chercher encore et encore ce qui s’est passé dans la tête de l’autre, nous regardions aussi ce que cette histoire vient toucher chez vous ?
Si vous avez vécu une trahison qui vous empêche encore d’avancer, je vous accompagne pour mettre du sens sur ce que vous avez vécu, comprendre ce que cette situation vient réveiller et retrouver votre capacité à choisir la suite.
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